Cette image censée montrer des milliers de personnes aux funérailles de Saif al-Islam Kadhafi a été générée par IA

Cette image censée montrer des milliers de personnes aux funérailles de Saif al-Islam Kadhafi a été générée par IA
Cette image censée montrer des milliers de personnes aux funérailles de Saif al-Islam Kadhafi a été générée par IA

Saïf al Islam Kadhafi, le fils de l'ex dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, est mort le mardi 3 février 2026. Il a été abattu à l’intérieur de sa résidence, selon son entourage et des sources militaires. Il a été inhumé le vendredi 6 février 2026. Des publications sur les réseaux sociaux avancent, image à l’appui, que les obsèques de Saïf al Islam Kadhafi auraient mobilisées des milliers de personne. Mais l’image montrant une foule compacte et qui circule largement en ligne a été générée par IA comme le suggèrent certaines incohérences visuelles et comme le confirme un outil de détection.

"Libye Des funérailles grandioses pour Saïf al-Islam Kadhafi… Il a été dit qu’il est mort en étant en état de jeûne, tué peu avant l’heure de la rupture du jeûne. Qu’Allah lui fasse miséricorde, qu’Il lui pardonne ses fautes et qu’Il dédommage les victimes par un bien meilleur remplacement. tout le monde (sic)" ; voici le texte qui accompagne une image où l’on peut voir une foule compacte qui s’étend à perte de vue en recueillement devant un cercueil drapé en noir non loin d’un véhicule.

La publication qui date du 7 février 2026 enregistre plus de 3.700 likes et l’image est censée avec été prise lors des funérailles de Saïf al‑Islam Kadhafi. Plusieurs publications sur Facebook relaient la même image avec le même narratif comme ici et ici.

D’autres publications indiquent que cette image symbolise une mobilisation de plus d’un million de personne (1, 2, 3).

Saïf al-Islam Kadhafi, âgé de 53 ans au moment de son décès, était longtemps considéré comme le successeur potentiel de son père Mouammar Kadhafi avant la chute du régime en 2011. Après la révolution libyenne de 2011, il a été capturé, condamné à mort en 2015 dans un procès critiqué par certains observateurs, puis libéré en 2017 dans le cadre d’une amnistie. Il avait tenté de revenir sur la scène politique, notamment en annonçant une candidature à l’élection présidentielle de 2021.

Il était recherché par la Cour pénale internationale (CPI) pour crimes contre l’humanité. Il est décédé le 3 février 2026 dans une attaque armée à Zintan, tué par des hommes non identifiés après que ces derniers ont pénétré dans sa résidence – une mort pour l’instant qualifiée d’assassinat par certains médias, mais dont les détails restent à confirmer au fur et à mesure de l’enquête officielle.

Des médias crédibles (1, 2, 3) ont reconnu que les funérailles de Saif al-Islam Kadhafi à Bani Walid ont donné lieu à une forte mobilisation. Des photographes de l’AFP présents ont immortalisé l’évènement à travers différents clichés montrant effectivement une forte présence humaine.

Cependant, l’image partagée sur Facebook et reprise par plusieurs publications n'est pas authentique : elle a été générée à l'aide de l'intelligence artificielle (IA).

Une image générée par IA

En analysant de près l’image virale sur Facebook on peut remarquer plusieurs incohérences comme des visages complètement déformés, des corps d’individus qui s’entremêlent ou des mains étrangement entrelacées comme fondues l’une dans l’autre. Sur l’un des bâtiments, une série de caractères et de lettre se mêlent sans pouvoir former un mot lisible à l’acception d’un "ORT" à la fin censée suggérer le mot "aéroport".

Capture d'écran Facebook effectuée le 20 février 2026

Le logiciel de détection d’intelligence artificielle Hive moderation indique que l’image semble avoir été générée à 98% (probabilité) à l’aide de l’IA.

Capture d'écran Hive Moderation effectuée le 20 février 2026

Depuis la chute l'ex‑dirigeant libyen Mouammar Kadhafi, la Lybie reste un pays divisé en raison d’une dualité du pouvoir et d’un blocage institutionnel. Deux gouvernements rivaux tentent de consolider leur pouvoir. À l’Ouest (Tripoli) siège un gouvernement d’unité nationale (GNU) dirigé par Abdelhamid Dbeibah. Il est reconnu par l’ONU et soutenu par une partie du Haut Conseil d’État.

À l’Est (Benghazi/Syrte), un autre gouvernement dit de stabilité nationale (GNS) dirigé par Osama Hamad, appuyé par la Chambre des représentants et soutenu militairement par l’Armée nationale libyenne (ANL/LNA) du maréchal Khalifa Haftar.

Les deux camps sont fermement enracinés dans des institutions parallèles, empêchant toute unification. Le dialogue sur la tenue d’élections (reportées depuis 2021) est totalement bloqué, notamment sur la question d’un gouvernement intérimaire neutre.